Lutte contre les mouches - Agir maintenant en respectant les bases (juin 2016)

Les insectes en élevage => Les mouches sont des parasites majeurs en production animale. En période estivale, ces insectes peuvent constituer une nuisance importante.

Une prolifération non-maîtrisée des mouches peut rapidement rendre votre élevage «invivable». Les conséquences sont multiples : baisse de la production de lait liée à l’agitation des vaches, traites mouvementées, baisse du GMQ, kérato-conjonctivite infectieuse chez les veaux et les adultes…La liste des maladies que peuvent transmettre les mouches, par contact ou piqûre, est longue : salmonelloses, entérocolites, mammites, avortements selon les espèces.


/template/fleche_fiche_tech Les mouches: différentes espèces à connaître

Les espèces les plus fréquemment rencontrées sont la mouche domestique (Musca domestica), la mouche d’automne (Musca automnalis), la mouche piqueuse des étables ou stomoxe (Stomoxys calcitrans) et la mouche des cornes (Haematobia irritans). Les deux premières espèces sont des mouches suceuses qui sont omnivores et se nourrissent de déchets, excréments et matières organiques en décomposition. Les deux dernières espèces sont des insectes piqueurs-suceurs qui se nourrissent exclusivement de sang. Ce qui en fait des espèces très agressives, particulièrement par temps orageux.


Sachant que la population des mouches est constituée à 80 % de larves et de pupes, le protocole de prévention et lutte sera à destination de toutes les phases du cycle biologique de la mouche et ne se restreindra pas à la population adulte.


/template/fleche_fiche_tech Agir dès le printemps pour être efficace

La réussite du plan de lutte contre les mouches dépend complètement de sa précocité. Cela demande d’intervenir avant de voir les adultes en nombre pour éviter de se laisser dépasser. Une fois déclenché, le processus de multiplication est exponentiel. Dès les premières chaleurs, la durée du cycle de production de la mouche domestique se raccourcit. Une mouche peut pondre de 600 à 2.000 œufs, 80 % de leur population est constituée de larves et pupes. 90 % des mouches présentes dans un élevage sont nées dans cet élevage d’où l’importance d’intervenir très en amont, dès le stade larvaire avec un larvicide surtout si l’hiver n’a pas été suffisamment froid.



La capacité de multiplication des mouches étant considérable, la réussite du plan de lutte et de prévention est conditionnée par la précocité d’intervention et le suivi des actions.


/template/fleche_fiche_tech La lutte chimique: un protocole larvicide à respecter…

Afin de limiter les populations de mouches, l’utilisation de larvicides est primordiale. Ce sont des inhibiteurs de croissance. Ils bloquent la synthèse de la cuticule lors des phases d’évolution larvaires et empêchent la formation des pupes. Les larvicides sont à appliquer sur les litières en privilégiant les zones non-piétinées par les animaux (bordures d’aire paillée, sous les abreuvoirs…), dans les fumières et fosses à lisier. Une bonne efficacité demande une intervention mensuelle avec un strict respect des doses et du mode préparatoire des produits et sans omettre de lieux où les larves peuvent se développer.


/template/fleche_fiche_tech … avec des zones d’application d’adulticide à ne pas négliger
Les adulticides sont appliqués sur des parois propres. Ces surfaces ne doivent pas être lavées après application, leur usage est donc à proscrire sur les murs de salle de traite. Ces produits seront appliqués sur les zones que les mouches affectionnent: surfaces claires, en haut des parois et sans courants d’air. Ainsi, un ventilateur ou un brasseur d’air repousse les mouches.

/template/fleche_fiche_tech La lutte biologique: une méthode concluante et opérante

Muscidifurax raptorellus
(mini-guêpe) est naturellement présente dans l’environnement, mais l’effectif est insuffisant pour inquiéter les mouches d’où l’intérêt de lâchers précoces (dès que les températures diurnes dépassent régulièrement 15 °C) puis réguliers sur la période avril/octobre. Cette méthode nécessite le strict respect du protocole (déterminé en amont avec votre technicien). Les mini-guêpes sont disponibles auprès de sociétés productrices de ces insectes et spécialisée dans la production d’auxiliaires zélés et d’insectes pollinisateurs.

/template/fleche_fiche_tech Une lutte mécanique associée pour une meilleure efficacité
Les appâts ou pièges représentent un complément comme révélateur de niveau de population et, ainsi, indicateur de nécessité d’un traitement. De plus, ils peuvent être utilisés dans des zones où ces traitements ne peuvent être réalisés.

Des destructeurs électriques d’insectes volants (DEIV) peuvent être utilisés. Ces appareils sont à installer dans des endroits stratégiques (box à veaux, agneaux, chevreaux, nurserie, salle de traite, ateliers de découpe et de transformation, bureaux, habitations…).



Pour être efficace en matière de lutte contre les insectes, le plan d’action en élevage associe des mesures sanitaires suivies avec vigilance et une combinaison des outils insecticides, biologiques et mécaniques.

Source : GDS Creuse