La désinfection des bâtiments d’élevages (juillet 2015)



La désinfection des bâtiments représente une étape importante pour réduire la pression microbienne exercée par les bactéries, virus, moisissures et parasites présents dans l’environnement et qui favorisent l’apparition de maladies et/ou limitent l’expression du potentiel des animaux (morbidité, mortalité, baisse des performances). Elle ne se résume pas à la simple application d’un désinfectant, elle est obligatoirement précédée d’un nettoyage approfondi et suivie d’un vide sanitaire. Une désinfection annuelle préventive est fortement recommandée dans les élevages car elle fait partie des mesures sanitaires à mettre en place dans tout bâtiment d’élevage ayant présenté un épisode pathologique au cours de la saison hivernale (diarrhées néonatales, cryptosporidies, coccidioses, paratuberculose…). Elle est à associer à la lutte contre les insectes et les rongeurs, vecteurs d’agents pathogènes et sources de nuisances pour les animaux et les bâtiments.


/template/fleche_fiche_tech Résistance des agents pathogènes dans leur environnement


Certains virus, bactéries ou parasites peuvent survivre plusieurs semaines, plusieurs mois, voire plusieurs années (voir tableau). Leur persistance dans l’environnement des animaux participe à la dynamique de contamination du troupeau.


Résistance dans le milieu extérieur des agents infectieux
responsables de diarrhées néonatales chez les bovins

Virus

Rotavirus, coronavirus

Plusieurs mois

BVD (en présence de matières organiques)

Plusieurs semaines

Bactéries

Colibacilles
Clostridies
Salmonelles

Plusieurs mois
Plusieurs années (spores)
Plusieurs mois

Parasites

Cryptosporidies
Coccidies
Ascaris

1 à 2 ans
Plusieurs années
Plusieurs années

Strongyloïdes

Vit dans le milieu extérieur


Pour la plupart des germes, cette résistance se trouve augmentée s’ils sont protégés par des matières organiques (sang, matières fécales même séchées). En élevage bovin, dans un local non-nettoyé et non-désinfecté, les germes responsables des différentes maladies rencontrées au cours d’un hivernage peuvent persister et ainsi contaminer de nouveau les animaux l’hiver suivant.

 

/template/fleche_fiche_tech Désinfecter en préventif ou en curatif


La désinfection peut être utilisée soit en préventif, soit en curatif. Dans le premier cas, une désinfection annuelle, en tant que stratégie de gestion des risques sanitaires, s’avère alors utile pour limiter la survie de certains agents infectieux d’un hiver à l’autre et ainsi diminuer la contamination des animaux. Dans le second cas, elle intervient obligatoirement après un incident sanitaire important.


/template/fleche_fiche_tech Une désinfection efficace : des étapes à respecter


La désinfection ne s’arrête pas à la simple pulvérisation du désinfectant sur les surfaces. Elle demande méthode et rigueur et s’effectue en plusieurs étapes :


  • Le plus tôt possible après la sortie des animaux, nettoyage avec retrait du matériel d’élevage (nettoyé à part), des fumiers et autres matières organiques, dépoussiérer les murs, les sols, plafonds…

  • Trempage avec application d’un détergent possible, puis rinçage.
  • Lavage haute-pression des sols bétonnés et balayage des sols en terre battue.
     
  • Désinfection avec un produit homologué sur une surface ressuyée.
  • Vide sanitaire. Il commence après la désinfection et permet de prolonger l’action du désinfectant avec un assèchement du sol et du bâtiment. Tant qu’il y a de l’humidité, le microbisme n’est pas réduit au minimum et les éléments parasitaires sont infestant. La durée minimale du vide sanitaire correspond au temps nécessaire pour assécher entièrement le bâtiment, soit en moyenne une quinzaine de jours. Cette période sera donc plus longue en saison froide et humide.
  • Réalisation précoce. Les travaux de désinfection seront effectués le plus tôt possible après la mise au pré afin que le vide sanitaire soit le plus long. Les bâtiments profiteront ainsi au maximum de la rémanence d’action des désinfectants et de la désinfection naturelle effectuée par les UV du soleil.



/template/fleche_fiche_tech Le désinfectant : un choix à effectuer en fonction des pathologies observées

Le désinfectant doit être homologué, de préférence avec un spectre d’action ciblé selon le problème identifié. Il doit également avoir une action rapide et une efficacité suffisante en présence de matières organiques. Les désinfectants spécifiques contre les éléments parasitaires et surtout contre les ookystes de coccidies et de cryptosporidies sont peu nombreux. Vous pouvez contacter votre GDS pour plus d’informations concernant les produits à utiliser.

/template/fleche_fiche_tech A associer, la désinsectisation…

Certains insectes peuvent être responsables de maladies ou porteurs de germes infectieux (une mouche peut transporter jusqu’à 1 million de bactéries). De plus, ces insectes sont facteurs d’énervement et de pertes de production non négligeables. Les bâtiments d’élevage associant grande densité animale, température et hygrométrie favorables avec abondance de matières organiques, réunissent des conditions adéquates au développement des insectes. La lutte sera raisonnée et préventive pour être efficace. L’action est à mettre en place avant les fortes périodes de reproduction des différents insectes. Ainsi, la lutte contre les mouches s’effectuera par une action au niveau des bâtiments, des abords et des animaux dès la fin du printemps.

/template/fleche_fiche_tech …et la dératisation

Les bâtiments d’élevage attirent les rongeurs car ils représentent, à la fois, une source de chaleur et une source de nourriture abondante lorsque les conditions extérieures deviennent difficiles (fin d’automne). Ces rongeurs entraînent des nuisances aux dépens 

  • Des animaux par agitation, stress et par portage de germes pathogènes.

  • Des bâtiments par dégradation de certaines installations.

  • Des aliments stockés par consommation et souillures.

La dératisation est d’abord préventive par des mesures d’hygiène et de propreté (éviter de laisser de la nourriture type céréales ou concentrés facilement accessible). Elle limite l’intérêt pour ces animaux à venir s’installer dans l’élevage. Ces mesures préventives sont à associer à un plan de lutte.

/template/fleche_fiche_tech La désinfection, un élément important de la biosécurité en élevage

La biosécurité comprend l’ensemble des mesures prises pour protéger les élevages de l’introduction de nouveaux agents infectieux. Elle associe, d’une part, une composante externe qui vise à empêcher et/ou à limiter l’introduction de nouvelles souches microbiennes, virales ou parasitaires dans l’élevage et, d’autre part, une composante interne constituée de mesures visant à réduire la propagation des germes à l’intérieur de l’élevage. Ce sont des mesures essentielles à suivre pour obtenir une prévention efficace, et parmi lesquelles nous retrouvons, à titre d’exemple, le pédiluve à l’entrée des bâtiments. 

Source: GDS Creuse