Contrôler son thermiseur avant les mises bas_Janvier 2021


 

La thermisation du colostrum à 56°C pendant 1 heure est le principal moyen de limiter les conséquences du CAEV au sein des troupeaux caprins concernés par cette maladie. Elle prévient également les arthrites à mycoplasmes chez les chevreaux. La thermisation est particulièrement recommandée lors de distribution de colostrums ou laits de mélange.

La maîtrise de la température et la durée de thermisation permettent d’assurer la destruction des agents pathogènes par une température minimale de 56°C, mais également d’éviter la dégradation des anticorps du colostrum, qui a lieu au-delà de 60°C. Cette dégradation peut être constatée par un aspect gélifié du colostrum dans les cas extrêmes, ou de façon plus sensible par des mesures en laboratoire en comparant les concentrations avant et après thermisation.

Le premier critère tient à la précision du matériel utilisé, les thermiseurs « premier prix » ne permettant pas de stabiliser la température du colostrum. Des variations importantes ont en effet été observées au cours du cycle de thermisation lors de suivis des températures réalisés par l’OMACAP. Les thermiseurs de qualité assurent quant à eux un ajustement continu de la température. La présence d’un système de brassage du colostrum n’est pas nécessaire pour les thermiseurs permettant une montée en température progressive, et ainsi une température homogène au sein de la cuve.

La thermisation à l’intérieur de bouteilles plastiques permet d’éviter de mélanger les colostrums, de les conserver plus facilement, ou de thermiser des petits volumes, mais il faut les introduire avant le début du cycle d’une heure initié quand le bain marie atteint 56°C, car les variations de températures à l’intérieur de ces contenants sont plus lentes.

La montée en température peut être accélérée en utilisant un colostrum fraichement collecté et de l’eau chaude, ce qui permet de mieux maîtriser la durée totale de thermisation. Dans ce même objectif, le retrait du colostrum dès la fin du cycle est nécessaire,car la baisse de température est très lente à l’intérieur du bain marie. Les bouteilles peuvent ensuite être placées dans un bac d’eau froide, et les cuves placées dans un pièce fraiche si la température ambiante est élevée.

Le colostrum doit être protégé des poussières et mouches, et conservéeà 4°C s’il n’est pas utilisé dans la demi-journée suivante, car il constitue un véritable milieu de culture pour les bactéries pouvant le recontaminer.

Il peut ensuite être congelé pendant un an pour pallier un manque de colostrum de qualité (> 24% BRIX), notamment en début ou en fin de saison de mises-bas.

Le bon fonctionnement du thermiseur est permis par son entretien et son stockage dans une zone permettant d’éviter une exposition importante aux poussières ou à l’humidité. Un contrôle chez le fabriquant tous les 3 ans environ permet d’entretenir le système électronique. Il est dans tous les cas recommandé de vérifier la température du colostrum à différents moments du cycle pour s’assurer de maîtriser cette pratique demandant un investissement important, mais essentielle pour la santé du troupeau.

Pour en savoir plus, contactez votre GDS ou consulter http://sante-chevres.fr/


Nicolas EHRHARDT

FRGDS Nouvelle-Aquitaine, animateur OMACAP