FCO sérotypes 8 et 4 : Point de situation sanitaire FCO au 07/02/2019

Vous trouverez ci-dessous un point de la situation sanitaire vis à vis de la FCO sérotypes 8 et 4 au 07/02/2019 réalisé par GDS France.

Veaux aveugles

Plusieurs départements nous remontent des cas nombreux de veaux qui naissent aveugles et meurent en quelques jours. Selon les départements, jusqu’à un élevage sur 2 est concerné avec 2 à 15 % des veaux atteints dans les cheptels (chiffres estimées à dire d’acteurs) .

Ces cas auraient commencé à apparaître de manière concomitante à la mi-décembre (au moins 1 département avait constaté ces signes cliniques sur les veaux dès 2016).

D’après les analyses réalisées dans les laboratoires départementales (PCR positives sur prélèvements sanguins des veaux) et au LNR-ANSES de Maisons-Alfort (PCR positives sur rates des veaux), il est très probable que ces symptômes soient à attribuer au sérotype 8 de la FCO.

En effet, les PCR positives sur plusieurs jeunes animaux (moins d’une semaine) nés en période d’inactivité vectorielle et virale, semblent indiquer une contamination intra-utérine de ces veaux.

L’annexe 1 de l’instruction Instruction technique DGAL/SDSPA/2018-851 publiée le 20-11-2018 « Mesures de surveillance et de police sanitaire vis à vis de la fièvre catarrhale ovine (FCO) en France métropolitaine »  https://info.agriculture.gouv.fr/gedei/site/bo-agri/instruction-2018-851propose une fiche de commémoratifs qui inclut bien, pour les veaux, la cécité comme signe clinique. Ces cas constituent donc des suspicions qui peuvent être investiguées et prises en charge par la DDPP. L’instruction devrait être modifiée pour que ce point soit plus clair, car actuellement la cécité ne rentre pas dans la définition stricte d’une suspicion clinique (première page de l’annexe 1), elle est simplement mentionnée dans la fiche de commémoratifs (3ème page de l’annexe 1).

Lorsqu’une telle suspicion clinique est investiguée et confirmée, elle fait l’objet d’une déclaration officielle ADNS à la Commission européenne. Pour mémoire, un éleveur ne peut exporter d’animaux vers Algérie, Tunisie et Maroc que s’il n’a pas eu de cas clinique dans son cheptel au cours des 6 derniers mois.

En outre, le LNR indique que le BTV8 a circulé très largement dans l’ensemble des départements français. Le BTV4 est en revanche resté cantonné, semble-t-il, à la région des Savoie.

Face à cette forte circulation du BTV8 qui a un impact sanitaire désormais visible, on ne peut qu’encourager les éleveurs à vacciner le cheptel souche, et notamment les mères idéalement :

  • au moins 60 jours avant la mise à la reproduction
  • en période hivernale (si on vaccine un bovin en période de forte circulation virale et qu’il est contaminé au moment de la vaccination, il fera une virémie importante - et si c’est une femelle gestante le veau risque d’être contaminé in utero malgré la vaccination).

En pratique, il faut vacciner les mères dès que possible et de préférence en période hivernale. On évitera simplement de vacciner les jours précédents l’insémination et en début de gestation (jusqu’à 4 mois), cependant les notices des vaccins disponibles sur le marché n’émettent pas de contre-indication de vaccination pendant la gestation.

Disponibilité en vaccins

Pour rappel, des vaccins monovalents Mérial BTVPUR 4 et BTVPUR 8 sont disponibles sur le marché, ainsi que du vaccin CZV BLUEVAC4 et BLUEVAC8. Un lot de vaccins Mérial bivalents 4-8 devrait être mis sur le marché courant mars 2019. Ces vaccins sont distribués sur le marché privé.

Pour rappel, l’éleveur peut vacciner lui-même ses animaux s’il n’a pas besoin de certification de la vaccination en vue d’échange ou export.

Publié le 07/02/2019